Statement

Ici la fragilité et la menace. Là le monstrueux et la poésie, l’effroi et l’idée d’un réconfort.
Avec la lumière comme matière de prédilection et le paysage comme objet, mon travail tend à exprimer une certaine tension entre l’homme, son histoire et son ancrage temporel.

Mes photographies mettent en lumière, à différents degrés, les manifestations de la volonté d’un pouvoir politique, militaire, ou économique, et ses formes d’occupation, plus particulièrement ses voies d’infiltration souvent démonstratives, parfois insidieuses, qui ont laissé leurs marques sur des sites, aujourd’hui en déshérence, en transformant des paysages naturels ou urbains en zones incertaines et désertées. Points de ruptures ou de sutures renvoyant à des lieux de dénis et de tremblements, mes photographies donnent à voir une sorte d’entropie des effets de pouvoir, face à la docilité mais aussi à la capacité de résistance des peuples et des choses du monde, elles tendent également à montrer comment la nature recrée « du paysage » autrement dans des zones improbables.

Entre poésie et effroi mon travail fait face au « prêt à rompre », il questionne les mutations, les constructions et l’être au monde. Les images que je fabrique sont des respirations, des propositions pour éprouver la vie, et elles touchent parfois plus au métaphysique qu’au stricte politique. Elles se positionnent juste avant le pas de trop, celui qui fait basculer de la beauté vibrante à la mort, de la vie à l’absence.

Guillaume LEMARCHAL